Le Tableau aux Oiseaux, 1619, MBA Strasbourg, détail. Photo © Céline Barbin

Avis de publication : une mystérieuse nuée d’oiseaux

Voici un billet que j’attends d’écrire depuis un bon moment : il voir aboutir un projet dont le germe remonte à mon premier séjour à Strasbourg en 2015. Lors de ma visite du Musée des beaux-arts j’y avait découvert une œuvre aussi saisissante qu’atypique : le Tableau aux Oiseaux, ainsi nommé pour son accumulation de pas moins de soixante-dix bêtes à plumes (et une chauve-souris !).

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Beaucoup d’oiseaux, mais aussi beaucoup de questions : sa date de réalisation, 1619, inscrite en chiffres d’or dans le coin inférieur gauche, est la seule chose dont on soit vraiment sûr à son sujet.

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Mon article paru dans le dernier numéro de la Revue des musées de France tente de percer le mystère des espèces représentées (toutes ne sont pas aussi reconnaissables que le paon ou le flamant) et surtout de leur source d’inspiration : modèles vivants, morts ou naturalisés ? gravures d’histoire naturelle, et si oui lesquelles ? La réponse varie bien sûr selon l’oiseau…

Je profite de ce blog pour ajouter en image de comparaison cette merveilleuse grande outarde peinte par le peintre allemand Ludger tom Ring le Jeune, qui n’a pu être intégrée à l’article.

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Elle date du milieu du seizième siècle et appartient à une collection privée, mais l’éditeur du livre d’art où je l’avais trouvée a refusé les droits de reproduction et Christie’s, qui était crédité dans la légende, n’a pas retrouvé le cliché. Les aléas de l’iconographie ! Il vous faudra donc vous contenter de cette photo de la page.

La partie taxonomique de cet article doit énormément à l’aide qu’a bien voulu m’apporter Pierre Dalous, conservateur des collections du Muséum d’Histoire naturelle de Toulouse et ornithologue de haut vol. Je lui suis très reconnaissante de son accueil chaleureux et de son enthousiasme. Je remercie également Muriel Bourel, responsable d’édition de la revue, pour la minutie et l’efficacité de ses relectures.

Outre la satisfaction de voir mon étude publiée, je suis particulièrement ravie de la voir figurer, par un heureux hasard de calendrier, aux cotés d’un article de Ludovic Laugier, conservateur au Musée du Louvre, protecteur de la Victoire de Samothrace et merveilleux passeur vers les rives de la Grèce antique.

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Plus largement ce Tableau aux Oiseaux m’aura amenée, pour mieux comprendre son contexte, à m’intéresser de près la peinture animalière et en particulier à l’explosion que connaît le genre aux Pays-Bas au début du XVIIe siècle. J’en ai retiré de passionnantes pistes pour des recherches qu’il me reste maintenant à mener à terme.

Crédits

  • image de bannière © Céline Barbin, conservatrice du patrimoine,
  • photo du tableau © MBA Strasbourg,
  • couverture © RMN-GP,
  • Ludger tom Ring le Jeune, Une grande outarde et autre oiseaux (A Great Bustard Cock and other birds), entre 1540 et 1584, huile sur bois, H. 0,61 ; L. 0,40, Christie’s, Londres. Photo dans Christine E. Jackson, Great bird paintings of the world, Volume I : The Old Masters, Woodbridge, Suffolk, Antique Collectors’ Club, 1993, p. 28.

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